28/05/2007
Durant mes années d'école primaire (dans la première école dite 'ouverte'), j'ai pris part à une comédie musicale avec quelques camarades. "Ascenseur Graffitis" que ça s'appelait et ça contait l'histoire d'une petite cité HLM avec des gens de différentes origines et couleurs.
Un tag dans l'ascenseur mettait le feu à la cité, tout le monde suspectant tout le monde. Au final, c'est un blanc, en plein désarroi (je fais un résumé, hein) qui a taggué la cabine alors que tout le monde soupçonnait les gens 'différents'.
Le message que voulait faire passer Brigitte Bloch-Tabet était que stigmatiser les gens differents ne pouvait conduire qu'a des malentendus dans le meilleur des cas, des affrontements dans le pire.
Je me souviens d'ailleurs avoir été longtemps en opposition avec mes parents que je soupçonne d'avoir voté FN à cette époque, pour qui un noir ou un arabe c'était forcément quelqu'un d'inférieur à eux (avec des explications dignes de Marine Le Pen).
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L'adolescence passée et mes penchants pédésexuels devenant oppressants (au niveau de la braguette, surtout), je m'étais mis dans l'idée de rencontrer mes semblables, enfin, juste un pour commencer.
Arrivé à Versailles où il faisait ses études et où nous devions déjeuner, je tombe nez à nez avec un gars d'1m85 et une corpulence non négligeable, vêtu d'un costume clair et portant une chemise rose.
Le véritable choc fut de l'entendre parler, petite voix aux intonations qui n'était pas sans rappeler le seul référent que j'avais à l'époque, à savoir une comédie bien connue avec Michel Serrault.
J'avoue m'être trouvé désemparé, limite paniqué en m'inquiétant de la réalité de mon status d'homosexuel. Rentrant chez moi encore abasourdi par cette rencontre, je suis resté quelques jours à m'interroger avant finalement de jeter mon dévolu (non, ce n'est pas sexuel, enfin...) sur un autre.
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11 ans plus tard, quelle est la situation ?
Et bien, j'ai sans doute (et entre autres) englouti quelques kilomètres de bistouquettes et ma pédésexualitude se porte à merveille. Je l'assume très bien et je ne cherche pas de moyens tordus pour ne pas répondre quand on me demande pourquoi je ne suis pas marié et n'ai pas d'enfant.
(D'une part, je n'aime pas les enfants, et d'autre part, je suis contre le mariage hétérosexuel, alors le mariage pédé, je m'en tape un peu, même si j'en comprends la nécéssité).
Pendant ces onze années, j'ai rencontré des petits, des grands (voire très grands), des maigres, des minces et des moins minces, des blancs, des un peu moins blancs et des carrément moins blancs.
Comble de la misère intellectuelle, je me suis même déjà déguisé en femme (ouh ouh, quel crime abominable !). Je m'excuse officiellement auprès de la gente féminine pour n'avoir été qu'une pale caricature.
Et pourtant, je me sens toujours le même, enfin presque :
J'ai appris à accepter que les autres puissent être différents de moi. Ce n'est pas, j'en conviens, une mince affaire : on est élevé avec l'idée qu'on est hétérosexuel et on reçoit de facto des informations qui s'avèreront parasitaires plus tard, dans le processus de développement de la personnalité.
Cette agitation autour des chimères qui prennent part à la Gaypride est récurrente, on y a droit quasiment tous les ans et ça se finit toujours par la même guerre de tranchées entre les sectaristes qui veulent défiler déguisés en hétéro (un pédé hétéro, c'est plutôt jean-t shirt-baskets ou plutôt costume cravate - coupe au vent façon gaylib, d'ailleurs ?) et ceux qui veulent débrider un peu le système en misant sur l'excentricité et la visibilité.
Mon avis, donc : je m'en moque, mais totalement : que les gens soient blancs, noirs, jaunes, musclés, imberbes, en fauteuil ou en rollers, hyper-virils ou crevette manièrées, je m'en tape et j'ajouterais : Qui suis-je pour les juger ?
Je ne suis pas plus un standard que ces gens là, et ne souhaite vraiment pas imposer mon mode de vie ou de pensée à qui que ce soit.
Il y a en revanche une chose qui me dérange dans la gaypride (appelez-la comme vous voudrez, ce n'est pas le plus important) : La fierté affichée d'être pédé-bi-trans-gouine lorsqu'on se contente de raser les murs les 364 jours suivants.
Une caméra de TF1 ni aucun appareil photo ne sera jamais en mesure de montrer la détresse chez ceux qui considèrent leur homosexualité comme un problème...
Rien que pour ça, la diversité des chars, des thèmes et des gens, aussi déjantés soient-ils est non seulement nécessaire, mais surtout indispensable à mes yeux. |
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28/05/07 - 13:12
Quoi !!! tu as déjà parcouru 11000 kilomètres !!!!
choupine-et-poupette